La Lettre circulaire de l'ASPF

Le mot du président 3|2012-1|2013

Quo vadis ASPF ?

Chères et chers collègues,
Laissez-moi tout d’abord, en ce début janvier, vous souhaiter une excellente nouvelle année 2013 ! Laissez-moi ensuite vous présenter mes plus plates excuses pour le manque d’informations concernant l’ASPF. Notre infatigable secrétaire avait certes tout préparé pour une dernière lettre circulaire 2012 à paraître avant les Fêtes, elle n’a pas compté avec la paresse de votre président qui aura toujours remis à plus tard son travail de rédaction…
Il faut songer aux cadeaux du petit dernier, assister au spectacle de sa filleule, corriger quelques travaux de maturité, vite encore faire une dernière épreuve, penser à commander la dinde ou le rôti et la fin du monde annoncée pour le dernier vendredi. Assez, n’en jetez plus ! La lettre circulaire, en fait, plus vraiment prioritaire…
Voici donc 2013 et ses bonnes résolutions. Cette fois-ci, c’est décidé : une TOUTE nouvelle année ! Mais que mettre au menu de l’ASPF ? Qu’espèrent donc ses membres ? Quel programme pourrait encore enthousiasmer nos collègues déjà tellement mis à contribution au sein de leurs collèges respectifs ? Quelle tâche pourrait encore nous motiver à trouver ici ou là un peu de temps et d’énergie ? Quo vadis ASPF ?
Moi-même en tant que président, je peine de plus en plus à distinguer un sens à notre existence : l’échange et la discussion entre professionnels de l’enseignement du français ? Il suffit de considérer le nombre de membres présents lors des dernières assemblées pour se persuader du contraire. Une plateforme de formation continue ? Le dernier cours en date a dû être annulé faute de participants en nombre suffisant… Un organisme de défense de notre branche ? Nous ne sommes pas un syndicat ! Alors quoi ? Et à nouveau, quo vadis ASPF ?
Je vois deux directions dans lesquelles notre association pourrait se développer : tout d’abord une direction internationale où il s’agirait de développer encore plus les liens avec la FIPF et le monde francophone. Cette option impliquerait dès lors un élargissement de notre association vers tous les actants de l’enseignement du français, du degré primaire au degré tertiaire et aussi une certaine distanciation de notre organisation faîtière, la SSPES.
L’autre option serait, elle, avant tout axée sur cette même SSPES et l’enseignement du français au degré secondaire II. Un travail très concret lié à une réflexion hautement prioritaire s’offre d’ailleurs à nous pour septembre prochain : que voulons-nous et devons-nous atteindre dans notre enseignement du français langue seconde et dans quels buts ? Dans le cadre d’une table ronde organisée à Berne, l’ASPF aurait la possibilité d’exposer la position des enseignants de français langue seconde face au monde politique et académique. Mais pour ce faire encore faudrait-il se mettre d’accord sur une base commune et élargir la vision très bernoise de l’actuel comité de l’ASPF. C’est pourquoi j’en appelle à toute personne intéressée à collaborer à cette entreprise. Elle pourrait, à terme, véritablement influer sur notre enseignement.
Il va sans dire que ces deux options ne s’excluent pas et peuvent même être menées de front. Toutes deux nécessitent pourtant une même composante : vos contributions. La fonction de président d’association impose à celui qui la porte de parler au nom de ses membres et non en son nom propre. Il serait triste que vous me condamniez au silence. Alors n’hésitez pas, annoncez-vous, osez, exprimez-vous et faites-nous profiter de votre expertise !
Ch. Zimmerli
Président ASPF
   

Les rapports de la secrétaire (BMR)

Chères et chers collègues et ami(e)s,
Comme chaque année, l’a.s.p.f. a tenue son assemblée générale des membres à la suite de celle de la SSPES. Le 23 novembre 2012, ce fut au tour de la Kantonsschule Alpenquai à Lucerne de nous accueillir. En dépit des sujets et des intervenants proposés aux deux AGM, les rangs étaient plus que clairsemés. Une frustration de plus pour le Dr Mauro Dell’Ambrogio, nouveau Secrétaire d’état à la formation, à la recherche et à l’innovation et donc le plus haut fonctionnaire en charge et de la formation gymnasiale et de la formation professionnelle au niveau fédéral. Comme le Prof. Dr Roland Reichenbach, il voua son discours aux compétences et à ce qu’il fallait y entendre respectivement en attendre dans le contexte du passage des écoles de maturité aux HES ou universités. Débat qui polarise et divise  toujours autant à une heure où nous autres enseignants de FLS travaillons avec le CECR et le Portfolio des langues sans même nous en rendre compte, tellement nous avons adopté la terminologie des compétences et la didactique actionnelle qui leur sont propres. Veuillez consulter à ce sujet l’article très intéressant du Prof. Dr Gérald Froidevaux dans le GH 5-12 ou sur le site de la SSPES.
Pour ce qui est de l’a.s.p.f., l’AGM fut relativement brève. Le trésorier fut plutôt enchanté des économies réalisées grâce à la publication électronique de la lettre, qui se sont traduits en un petit bénéfice. Votre secrétaire le fut autant par les échos électroniques reçus en retour, ce dont je vous remercie chaleureusement. Ainsi, il fut décidé de maintenir cette forme de publication jusqu’à nouvel avis. Le comité regrette sincèrement que la formation continue proposée par notre membre Georges Maeder n’ait pas pu avoir lieu faute d’inscriptions en nombre suffisant. Nous constatons en effet que nos membres doivent de plus en plus assurer leur formation continue pendant leur temps libre, car à quelques exceptions près les cantons ne prévoient pas de créneau pour cela. Nous suivrons attentivement ce développement. Nous espérons cependant pouvoir vous inviter à une Table ronde dans le contexte de la SLFF 2013. Pour les détails, veuillez consulter le site de la SLFF régulièrement. Nous tacherons aussi d’organiser à nouveau une tournée de lecture. Si vous avez des suggestions à faire, n’hésitez pas à nous contacter.
Comme annoncé dans la lettre précédante, nous avons réussi à maintenir les relations internationales de l’a.s.p.f. avec le FMEF, la FIPF et la CEO moyennant une contribution de CHF 1000.- au FMEF suisse (nous vous rappelons que seuls les bénéfices peuvent être utilisés pour des projets pédagogiques. En 2012, € 600.- furent investis dans le projet ALTERnatif à Durban), la modique somme de quelques centimes d’euros par membre versés à la FIPF comme cotisation (redistribuée ensuite équitablement à la CEO et à la CFLM) et un déplacement dans l’hémisphère sud en juillet, dont je vous invite à lire le rapport à la page suivante.
Barbara Müller Richter
secrétaire, rédactrice et webmestre
   

Rapport du XIIIe Congrès mondial de la FIPF à Durban (bmr)

Avec un retard d‘une demi-journée dû à notre compagnie aérienne nationale, Georges Maeder - président du FMEF section suisse - et moi-même - secrétaire de l‘a.s.p.f. et représentante de la Suisse à la CEO - nous sommes embarqués à Zurich tôt le matin par une belle journée de fin juillet pour un vol de 16 heures avec escale à Johannesbourg pour atterrir tard le soir à Durban. En compagnie de Yvan Amar de rfi, de quelques autres Européens du sud et de quelques Canadiens qui nous avaient rejoint à Joannesbourg, nous attendîmes patiemment que le comité d‘accueil local, qui nous avait attendu avec autant de patience, ait organisé notre transport vers les différents hôtels que nous avions choisis pour loger pendant le congrès. Comme il faisait nuit depuis un moment (comme chez nous, le soleil se couche plus tôt en hiver), nous ne pouvions guère apprécier la beauté du paysage.
Le réveil le lendemain fut accompagné d‘émerveillements: 25°, fenêtre qui donne sur la mer, plage de sable chauffée par le soleil devant la porte et ciel au beau fixe, c‘était un hiver plutôt hors du commun pour des Suisses. également inhabituelle: la consigne de ne sortir surtout pas seuls et de bien enfermer tout ce qui avait une quelconque valeur marchande, donc les ordinateurs, tablettes et téléphones portables, parce que tous les centres urbains en Afrique du Sud étaient réputés pour leur taux élevé de criminalité. Ce qui ne nous empêcha pourtant pas de prendre rendez-vous chaque matin avec les congressistes habitant le même hôtel et d‘entreprendre le déplacement au Centre de Congrès à pied en peloton, car celui-ci était à deux pas de l‘hôtel.
Dès l‘inscription faite et le matériel reçu, nous nous retrouvions dans la grande salle pour assister à une superbe cérémonie d‘ouverture. Ensuite, nous nous consacrâmes à notre tâche de membres du jury ALTER-natif. Celle-ci consista à assister à 9 ateliers proposant une approche didactique alternative, pluridisciplinaire et innovante de l‘enseignement du français (FLE ou FOS) et d‘en choisir un ensuite pour le primer lors d‘une cérémonie de clôture, pour laquelle l‘ambassadeur de Suisse à Prétoria nous avait assuré de sa présence. Le choix fut difficile, d‘autant plus que certains intervenants choisis conjointement par une délégation du FMEF et du comité organisateur parmi les propositions reçues n‘avaient finalement pas pu assister au congrès pour des raisons économiques. Les propositions évaluées allèrent des films de poche aux dix mots de la Caravane de la SLFF en passant par le tango, la poésie, le théâtre et la chanson. Dans le hall d‘entrée, un espace avait été aménagé avec des chaises, un piano, un petit podium, des ordinateurs liés à un grand écran, des haut-parleurs et des micros ainsi que des flipcharts et des bulletins de vote. Le public et le jury furent unanimes de primer un groupe d‘enseignants sud-africains qui avait su convaincre par sa reflexion pédagogique profonde, son savoir-faire didactique, son implication des élèves, respectivement du public, et sa profusion de bonne humeur tout en faisant bien travailler tout le monde. La remise du prix, des tableaux choisis par les organisateurs locaux, fut agrémentée d‘un discours formidable de la part de M. Christian Meuwly, Ambassadeur de Suisse en Afrique du Sud, et du chocolat suisse que j‘avais eu le bon sens d‘emmener.
Les journées du lundi et du mardi passèrent vite grâce aux ateliers, séminaires et conférences de qualité offerts en grand nombre. Celle du mercredi fut consacrée à une excursion qui nous amena du marché indien de Durban à un parc de crocodiles en passant par quelques-unes des mille vallées et le village du roi Shaka du peuple Zulu. Celle du jeudi aux différentes assemblées des commissions de la FIPF et à la plénière et le vendredi à la remise des prix et à la clôture.
Non content de l‘offre prodigieuse de manifestations lors du congrès, le comité local nous invita également tous les soirs à un programme culturel aussi intéressant que varié. A noter spécialement la soirée de concert, organisée elle aussi par l‘ambassade Suisse, à laquelle nous pouvions jouir de la représentation concertante du Devin du village de Jean-Jacques Rousseau jouée par l‘orchestre Baroque 2000 (jeunes musiciens sud-africains issus de milieux défavorisés, formés par des professionnels locaux de renom international et dirigés par le conducteur genevois Michel Schneuwly) et chantée par des solistes et des choeurs sud-africains. Cette soirée fut unanimement appréciée par les congressistes et les organisateurs locaux. Le congrès se termina sur l‘annonce du XIVe Congrès mondial, qui coïncidera avec le IIIe Congrès européen, et qui aura lieu à Liège en Belgique.
Un déjeuner en compagnie de notre ambassadeur nous confirma que l‘engagement de la Suisse pour les didactiques alternatives (et pour la culture) était bien vu partout dans le monde et il fut décidé d‘oeuvrer afin de répéter le concours ALTERnatif et les manifestations culturelles soutenues par la Suisse à Liège. Nous remercions bien entendu le DFAE et Monsieur l‘Ambassadeur de leur soutien sans faille, notre membre Georges Maeder de sa participation active à l‘organisation et les sections impliquées du FMEF de leur participation financière.
Je ne pourrais conclure ce rapport sans mentionner la compagnie illustre dont nous fûmes honorés: Yamina Benguigui, ministre française déléguée à la Francophonie et l‘écrivain Henri Lopes, représentant personnel du secrétaire  général de la Francophonie Abdou Djouf, se firent un honneur d‘assister au congrès et de nous assurer de leur support dans leurs discours. Il faut également mentionner tous les médias, dont Radio France Internationale rfi, TV5 monde et quasi toutes les maisons d‘édition, les grandes universités des quatre coins du monde et bien entendu les quelques 800 congressistes et le comité d‘organisation local, que nous remercions chaleureusement de leur travail assidu pour la cause de la Francophonie.
Barbara Müller Richter
Secrétariat a.s.p.f. et représentante CEO
Pour ceux désireux d‘en (sa)voir plus, il y a les pages 2 et 3 du numéro 383 du Français dans le monde qui sont consacrées au congrès.
   

Quand La Fontaine s’invite en classe (SE)

Le contenu du présent article relate une intervention à l‘Université de Cergy-Pontoise & IUFM - site de Gennevilliers - à l‘occasion des 13es rencontres des chercheurs en didactique de la littérature qui ont eu lieu les 29, 30 et 31 mars 2012. Dans la précédente Lettre circulaire 2 / 2012 pp.4-5, j‘ai présenté la thématique du colloque “École et patrimoines littéraires : quelles tensions, quels usages aujourd‘hui ?”.

Quand La Fontaine s‘invite en classe : enjeux didactiques des supports d‘enseignement

C‘est ainsi qu‘était libellé le titre de la communication que j‘ai proposée à l‘auditoire et qui faisait état des analyses effectuées par ma collègue Sandrine Aeby Daghé et moi-même.

1. Contexte de la recherche

La recherche (Projet de recherche financé par le Fonds National de la Recherche Scientifique (projet FNS 100013_129797/1), codirigé par Bernard SCHNEUWLY et Christophe RONVEAUX, intitulé : „La lecture littéraire au fil des niveaux scolaires. Analyse comparative des objets enseignés“.) à laquelle je participe depuis deux ans se donne pour but d‘observer l‘enseignement de textes littéraires en classe de français. Les enseignants, qui participent volontairement à la recherche, travaillent avec leurs élèves deux textes contrastés imposés : un texte classique, une fable de La Fontaine, et un texte contemporain qui semble accessible en première lecture mais se révèle déroutant dans sa compréhension. Notre équipe a filmé 10 classes du primaire (8e harmos), 10 classes du secondaire I (10e harmos), 10 classes du secondaire II (2e du collège), de façon à pouvoir observer l‘effet du degré de la scolarité ainsi que l‘effet de la nature du texte sur le travail enseignant.

2. La matérialité du texte

Nos analyses ont porté précisément sur les effets de la matérialité du texte de la fable, œuvre patrimoniale par excellence, sur le travail mené en classe. Les enseignants étant libres de choisir l‘édition de La Fontaine qu‘ils souhaitaient soumettre à leurs élèves, ce choix nous est apparu intéressant à analyser en tant que révélateur de la dimension patrimoniale du texte, c‘est-à-dire en quoi il porte les traces de ce « capital transmis par les ancêtres », comme dit Brigitte Louichon.
Nous avons privilégié trois entrées pour nos observations : le paratexte, le texte et l‘hypertexte.

2.1 Le paratexte

Nous avons relevé la présence ou l‘absence d‘éléments entourant le texte proprement dit : le titre de la fable, l‘indication de l‘auteur et de la source, notice biographique, illustration(s) de la fable, portrait de l‘auteur. Aussi, certaines éditions étaient tirées d‘un manuel et présentaient des activités, des consignes, parfois un questionnaire.

2.2 Le texte

Nous avons examiné finement la présentation du texte lui-même : présence de majuscules à Agneau et Loup, d‘une numérotation des vers, de la ponctuation interne et externe du dialogue, des graphies originelles („tette“, „se désaltéroit“ par exemple)… Nous avons également constaté que 5 enseignants proposaient 2 voire 3 versions différentes de la fable.

2.3 L‘hypertexte

Nous avons regardé si l‘enseignement de la fable s‘est accompagné d‘activités d‘écriture à partir ou à propos d‘elle : transposition dans un autre genre (fait divers, texte théatral…), transformation dans le même genre (p.ex. en inversant la morale), expansion (écriture d‘une suite).
Ces observations nous ont permis de dégager trois grandes orientations que je vais illustrer à l‘aide d‘exemples.

3. Tendances observables

3.1 La scolarisation

La fable de La Fontaine est utilisée par certains enseignants comme prétexte pour favoriser des apprentissages en lien avec les plans d‘étude et l‘intègre ainsi dans des activités plus larges comme par exemple „raconter pour convaincre“.
Regardons le cas d‘une enseignante du secondaire I qui poursuit l‘objectif de „reconnaitre une histoire à travers des genres différents“ et distribue un document. Le document est disposé comme suit:

titre de l‘activité

                                                                                                   insertion dans le manuel

objectif de l‘activité

type d‘activité

consigne

Titre

illustration 1

texte

texte

texte

texte

texte

illustration 2

rappel du nom de l‘activité

On voit, avant le texte proprement dit, comment le manuel d‘où il est tiré „scolarise“ la fable et en fait un outil au service d‘un travail scolaire, ici observer qu‘une même histoire peut être traduite dans des genres textuels différents. De plus, la tâche d‘observation se clôt par un questionnaire qui insiste sur les différences entre les trois textes lus. 

 

3.2 Distanciation

Pour favoriser chez les élèves une prise de distance, certains enseignants ont décidé de présenter la version contemporaine en parallèle avec la version originale, dans le but de faire remarquer que la langue et la typographie ont évolué. D‘autres font lire les versions d‘Esope et de Phèdre, la parodie de R. Queneau ou bien encore une version en BD. 

3.3 Appropriation et réactualisation

Quelques enseignants minoritaires (4 sur 20) font écrire un texte à partir de la fable du „Loup et de l‘Agneau“, convaincus que la récriture oblige les élèves à revenir sur le texte de La Fontaine, à l‘interpréter s‘ils veulent le transposer à l‘époque actuelle, à le comprendre s‘ils veulent le transformer ou le prolonger.
Regardons comment une enseignante du primaire entre dans le texte avec effraction, fournissant la fable par bribes. Le second extrait distribué sert de réactif au prolongement du dialogue. Il s‘agit moins pour l‘élève d‘approcher ce que la fable dit (= deviner la suite) que de traduire sa compréhension de la situation : le contenu de ce que l‘agneau peut répondre au loup et le langage utilisé (induit par la consigne „à la manière de La Fontaine“). Ce qui a débouché sur des productions diversifiées.
Le lecteur goutera sans doute les marques langagières correspondant au registre soutenu : „guère“, „mon cher“, „point“…

4. Eléments de conclusion

En conclusion, il semble qu‘on puisse affirmer que les supports permettant de travailler la fable ne sont pas neutres et nous avons cherché à déceler, dans la matérialité des diverses variantes choisies par les enseignants, les traces d‘un héritage patrimonial. Ces traces manifestent premièrement une tendance à ce que nous appelons la scolarisation dans la mesure où la fable s‘inscrit dans le programme scolaire en tant qu‘outil pour étudier les textes. Deuxièmement la distanciation, rendue possible par la comparaison de versions différentes, trahit l‘appartenance de la fable à la mémoire collective, appartenance qui autorise des multiples récritures parodiques. La morale de la fable permet troisièmement de réactualiser le message et de comprendre ses implications pour un lecteur d‘aujourd‘hui.
Serge ÉRARD, chargé d’enseignement en didactiue du français
à l’Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE), Genève
et membre du comité de l’a.s.p.f.
 

   

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