Connaissances insuffisantes en français dans les HEP alémaniques (CZ)

Suite à l’article de presse publiée dans la Sonntagszeitung du 5 juillet dernier, l’ASPF sur invitation et en collaboration étroite avec le collège des professeurs de français du canton de Berne, a pris contact avec la PHBern pour discuter et clarifier la situation commentée dans l’article dont vous pouvez prendre connaissance ci-dessous.
Comme souvent, la discussion directe avec les personnes concernées a fait ressortir les problèmes effectivement rencontrés par nombre d’étudiant-e-s en formation de 1er cycle (futur-e-s enseignant-e-s du niveau primaire) pour ce qui concerne leurs connaissances en français tout en atténuant fortement le côté polémique mis en avant par l’article de presse précité.
Les difficultés rencontrées par les diverses HEP sont réelles, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, les HEP ne désignent pas les gymnases comme fautifs. Elles ont tout à fait conscience du contexte général visant à limiter les ressources mises à disposition de la formation gymnasiale ainsi que le climat actuel peu propice à l’acceptation de l’enseignement des langues nationales en Suisse.
A ce sujet, l’étude présentée fin septembre par le professeur François Grin de l’université de Genève relève un fait fondamental mais malheureusement trop peu répercuté dans les maigres échos de la presse, trop peu connu et à mon sens mal pris en compte : si l’enseignement des langues nationales en Suisse peine tellement à être accepté et de ce fait perd de son efficacité, c’est principalement parce que les jeunes n’en perçoivent pas (plus ?) du tout ou bien trop peu le sens.
Peut-être est-ce bien là que le bât blesse et qu’il faudrait avant toute chose mettre l’accent dans notre enseignement : pourquoi apprend-t-on l’allemand en Suisse romande et (encore) le français en Suisse alémanique ? Ni pour occuper un bataillon de profs condamnés sinon à grossir les rangs des demandeurs d’emploi, ni surtout par désir sadique de martyriser des générations d’élèves. Il est excessivement difficile d’expliquer à nos élèves l’importance du respect de la culture de l’autre à travers son apprentissage (fût-il partiel) et de répercuter l’apport de ce travail en le quantifiant sur la situation économique et sociale de la Suisse aujourd’hui, j’en suis totalement conscient.
Cependant, cette réponse, bien que peut-être difficile à appréhender, reste nécessaire. Elle ne peut toutefois venir des enseignant-e-s seul-e-s, elle doit être portée et répercutée par le monde politique dans son ensemble et être conscientisée et acceptée par une majorité de la société, non pas pour être perçue comme un mal nécessaire mais comme un effort  en valant la peine.
Quoiqu’il en soit, les personnes présentes début juillet à Berne se sont mises d’accord pour garder le contact dans l’optique d’une recherche de solution au problème concret rencontré par les diverses HEP en Suisse alémanique.
Lien : http://www.sonntagszeitung.ch/read/sz_05_07_2015/nachrichten
Christophe Zimmerli, Président