La Francophonie aujourd'hui

Participation de l'ASPF au 25ème séminaire de l'AEFR, Dobroé,

banlieue de Moscou, du 25 au 30 janvier 2016.

 

Pour la 25ème fois consécutive, l'AEFR (Association des Enseignants de Français de Russie) a organisé son séminaire national, cette année à Dobroé, dans la région de Moscou.

Un peu d'histoire

Oui, ce séminaire national fêtait cette année sa 25ème édition. C'est à la présidente de l'AEFR, Jeanne AROUTIOUVONA, et à son équipe de bénévoles que revient le mérite de cette longévité. Ces séminaires se sont déroulés successivement à Moscou même, puis à Ivanteevka et depuis 3 ans à Dobroé. C'est ainsi l'occasion, chaque année, pour les membres de l'association, de suivre une semaine de formation continue encadrés de francophones natifs. Outre ce séminaire annuel, l'AEFR promeut le français à travers un concours sur les régions de France et un festival de théâtre et de chant francophones. 

Quelques chiffres

Comme l'attestent les nombres ci-après, l'AEFR fait preuve d'une vitalité et d'un militantisme qui font rêver le comité actuel de l'ASPF. En effet, cette année, 156 professeurs universitaires et secondaires ont pris part aux travaux du Séminaire, venant de 79 villes de la Fédération de Russie et 1 du Kazakhstan. Du côté des intervennants, 29 personnes, dont beaucoup d'habitués, provenant pour 20 d'entre eux de France, 2 de Belgique, 2 d'Algérie, 1 du Québec, du Mexique, du Danemark et des USA et moi-même, seul représentant cette année de la Suisse. S'il faut entre 4 et 5 heures à partir des principales capitales européennes pour se rendre à Moscou, il faut sacrifier 12 heures d'avion depuis certaines villes de Russie… ce qui témoigne de la passion de quelques-uns des participants.

La partie officielle

Le lundi 25 janvier, en ouverture du séminaire, s'est tenue comme à l'accoutumée la partie officielle. En contrepoint de l'absence très remarquée de l'ambassade de France (ni représentation, ni message officiel !), la Suisse a fait bonne figure. En effet, l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Confédération suisse à Moscou, M. Pierre HELG a, pour la deuxième année consécutive, honoré l'AEFR de sa présence, accompagné de deux attachées. Dans son discours, il a réaffirmé l'engagement de l'ambassade de Suisse pour soutenir les actions de l'AEFR dans ses missions de formation des enseignants et de promotion de la langue française en Russie. Concrètement et en particulier, en s'adressant à l'attachée culturelle actuellement en poste, les professeurs de français russes peuvent obtenir gratuitement pour leurs classes des exemplaires d'œuvres littéraires romandes. Egalement, des bourses pour des stages linguistiques en Suisse peuvent être obtenues pour des étudiants russes désireux d'améliorer leur maitrise de la langue de Ramuz, de Rivaz et de Revaz.

Le programme

Le programme, dans la grande diversité des sujets traités, reflète un état des questions qui se posent actuellement dans la Francophonie, mais présente aussi les usages divers du français dans les mondes économique, juridique, diplomatique, sportif et médiatique. 

Chaque matin ont lieu dans la grande salle quatre conférences exposant des réflexions sur des sujets divers, allant de l'exposé des politiques linguistiques d'un pays à la découverte d'auteurs francophones ou encore la présentation de disposiitfs de formation et d'évaluation, en passant par des moyens d'enseignement comme la BD, le théâtre ou la poésie.

Les après-midis sont consacrés à des ateliers d'une heure et demie où sont abordés de façon concrète et pratique des contenus d'enseignement littéraires, grammaticaux ou lexicaux. Pour ma part, cette année, j'ai animé un atelier autour de la lettre et des genres épistolaires, un autre concernant les écritures parodiques, et un dernier faisant état d'une recherche en cours à laquelle je participe sur l'enseignement de la littérature, examinant en quoi le questionnaire, en tant que pratique fréquente, se révèle être ou non un outil au service de la compréhension en lecture.

Les soirées, avec ses programmes à la carte, sont l'occasion de visionner des films, des publicités ou des documentaires en français, ou d'apprendre comment recourir à la chanson pour enseigner le FLE.

Les contacts

Le séminaire offre l'occasion de contacts multiples et variés et toujours très enrichissants : entre les participants au séminaire qui peuvent échanger à propos de leurs pratiques et de leurs conditions de travail, entre animateurs et enseignants autour des réalités auxquelles l'enseignement doit faire face, ainsi qu'entre les intervenants. Il me parait important de noter l'intérêt, la curiosité, voire parfois l'avidité des participants qui ont non seulement plaisir à communiquer mais manifestent un véritable engouement pour la promotion du français dans un pays où actuellement l'anglais a pris un essor considérable.

Serge Erard, membre du comité de l'ASPF